DIALOGUE #1 Rencontre avec Gilles Tiberghien

Proposées par Simon Quéheillard dans le cadre de son exposition ma plaque sensible,
l’Espace Khiasma offre deux rencontres avec un philosophe et un économiste.
Ces dialogues sont l’occasion d’approfondir les thèmes explorés dans le travail de l’artiste,
et d’en déployer les lignes de fuite.
Pour ce premier dialogue, c’est le philosophe, enseignant en esthétique à
l’Université Paris 1-Sorbonne et spécialiste du Land-art Gilles Tiberghien
qui a répondu à l’invitation de Simon Quéheillard.

Mercredi 24 octobre à 20h30

Espace Khiasma

15 rue Chassagnolle 93260 Les Lilas
Métro : Porte ou Mairie des Lilas

Extrait d’une lettre de Simon Quéheillard à Gilles Tiberghien

Cher Gilles,

[…] Il n’est pas question, à proprement parler, de Land Art dans l’exposition ma plaque sensible, bien que ce courant et cette période de l’histoire représente pour moi une des sources principales d’intérêt dans l’art du XXème siècle. Mais un des points centraux de cette exposition, reprenant les mots de Robert Smithson, consiste à « se frotter à la matérialité du monde extérieur ». Les œuvres présentées y mettent exclusivement en scène des procédures matérielles et des principes physiques. Quels rapports, aujourd’hui, l’art entretient-il avec les forces matérielles qui animent nos sociétés ? Par exemple, la référence aux puits de forages pétroliers qui s’affirme dans le Kilomètre de terre vertical de Walter De Maria, pourrait s’associer à cette idée (tout comme la référence de Carl André aux chemins de fer). Aujourd’hui, des forces considérables sont en jeu dans notre civilisation industrielle, tout comme en leur temps, les sorciers disposaient du pouvoir de « faire la pluie et le beau temps ». Je pense aussi à De Maria affirmant : « J’aime les catastrophes naturelles ». Dans l’exposition, le film Maître-vent orchestre cette mise en scène à travers la puissance des courants d’airs engendrés par le passage de camions semi-remorques sur le bord d’une route nationale (il s’agit là de la N19 en Seine et Marne, située au niveau de la raffinerie TOTAL) […] Ce qui importe, pour l’heure, serait de pouvoir travailler à ce que Jean Lacoste nomme une « sociologie des sens », que nous pourrions aussi formuler par « un matérialisme des sensations ». […]
Maître-vent, Simon Quéheillard, 2012

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