Alios : ETNA CORBAL et XAVIER LAFAYSSE

du 19 septembre au 27 septembre 2009
ETNA CORBAL
XAVIER LAFAYSSE
exposent dans le cadre de la manifestation collective
ALIOS 2009
à La Teste de BUCH

Xavier LAFAYSSE
… OBJETS COURANTS…OBJETS SOURCES ….OBJETS FLUX …
….Comme on le trouve ici également, ces objets surprenants ne sont pas immédiatement « appréhen-cibles » …Ils renvoient à un hors temps où s’éprouve une mémoire lente, antique qui par tactique clignote et nous convie à leur chevet. …

Il y a du précieux et du dérisoire dans « tout cet à faire là » car par delà la métrique maîtrise de ces compteurs de temps et ces marqueurs d’espaces, les images projetées aboutent du sacré et de l’irrévérencieux amusé dosés avec une science méticuleuse de la mèche retard et de l’artifice malicieux.

…Tour à tour ludiques et dramatiques, retenues et ostentatoires les pièces de Xavier Lafaysse se jouent de nous et nous crantent dans une mécanique de curiosité qui, si nous sommes patients et attentifs nous conduira par dérives, courants et flux juste aux franges d’une perception source à l’orée des malices ….alors, peut être, sensibles aux curiosités des altitudes et des lointains pourrons nous déchiffrer ce que ces SEMAPHORES dressés nous ENIGMENT….

Extrait du texte de « l’atelier de Xavier » . Etna

Dominique Etna CORBAL
… En DUNE La LANGUE des SABLES
ETYMOLOGIE et ARCHEOLOGIE de CURIOSITE de LA TESTE de BUCH … …
Ce qui surprend intrigue et intéresse sur cette commune c’est le vis à vis des deux langues de sable se faisant front à la sortie du bassin, la dune du Pyla et le banc d’Arguin.

D’un coté des masses de sable considérables déplacées constamment par le vent font culminer la dune, de l’autre comme en miroir des masses de sables sous marin accumulées par les courants composent l’ autre dune dont la langue de sable du banc est le sommet émergé.

Le vent, l’eau, le sable, le sel sont « les simples » puissants qui activent le vivant de cette sculpture de temps. Chronos à l’œuvre dans ce grand sablier géant avale le végétal dont il se nourrit. Le pied de la dune en témoigne, des strates de forêts laminées et compressées dessinent sur la peau dorée de silice de fines lignes et festons qui tranchent et ondoient. De gris, noirs, bruns et ocres, ces lignes nous rappellent le long laminage des forêts des dos de dune progressivement englouties et enfouies. Le végétal passé à l’ombre réapparait enfin aux feux du soleil, métamorphosé il tombe en squames et croutes et retourne progressivement à la dilution des eaux de l’océan.

Sous le pied de dune dans l’humide se secrète au secret du contact des eaux salées remontant par capillarité une réaction lente d’oxydation et de sudation des sols profonds qui agglomère les sables créant cette singularité qu’est l’Alios. Parfois au printemps quand la dune retrouve sa juste respiration, le promeneur solitaire attentif peut, ébloui, trouver des sortes de roses de sable éphémères en Alios qui fleurissent sous le vent au détour de quelques petits éboulis.

J’ai choisi de travailler avec ces matériaux minimaux que sont le vent, l’eau, le sable , le sel, le végétal et l’Alios et de les confronter aux langues de sables. Pour cela j ai décidé de mettre en jeu par les pièces produites au Pyla une légère érosion entre le lieu géographique réel et le lieu de la langue qui porte par le nom dans son étymologie certains enracinements possibles.

« La Teste de Buch » évoque indubitablement étymologiquement un rapprochement à produire entre des éléments signifiant tête et livre ( le lieu du récit du mythe de la culture et de la connaissance) dans trois des langues européennes, allemand Buch, anglais Book et français Bouquin. Ce terme se lie également à l’étymologie de la forêt car avant le parchemin l’écriture était produite et conservée sur de fines planchettes de bois ou écorces de bois de hêtre. ( la forêt primitive de feuillus sous la dune et buche, buchette en français) Cette fibre végétale « le liber » donnera par ailleurs sa racine à l’étymologie latine du Livre, Liber. Etrangement bouquin est aussi lié à l’animal il désigne à l’origine tout aussi bien un petit bouc, qu’un lièvre mâle, un lapin ou un « libertin »…ici se retrouve le lien au livre et à la liberté ( liber)…celle de courir en ces forêts primitives…et toutes les éros ions possibles…qu’induisent les peaux de sable si lisses de ces dunes.
Il y a quelques mois on découvrait dans une des couches fossile de la dune du Pyla les fragments d’une étrange tête d’ animal antique sculptée en Alios …« la Teste de Buch ».
D.ETNA CORBAL Aout 2009

>>>http://www.latestedebuch.fr/spip.php?article1115


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